Conseils essentiels
Conseils essentiels
par Katok Rigdzin Tséwang Norbou
Oṃ svasti.
Rien que d’entendre ton nom détruit la machine de la souffrance.
Tu réponds à nos prières et nous entraînes sur la voie de la libération[1].
Ô, incomparable Guru Padmasambhava, personnification de la grande félicité :
Tu es mon maître ! Avec dévotion, je m’incline devant toi.
Y a-t-il des gens fortunés qui, comme moi, désirent la libération ?
Si oui, qu’ils écoutent ces conseils du cœur.
Cette vie humaine, avec ses libertés et son potentiel,
Est extrêmement difficile à obtenir, et aussi rare qu’une fleur d’uduṃbara.
Nul ne sait quand il mourra ; notre durée de vie est incertaine.
Comme un éclair zèbre le ciel, notre vie scintille et disparaît l’instant d’après.
En outre, la causalité karmique est incontestable.
Donc, montrez-vous habiles dans l’abandon des méfaits et l’adoption des vertus.
L’état de bouddha ouvre la porte à la libération ;
La voie des mantras ouvre la porte à l’état de bouddha ;
Il faut savoir que le samaya est l’aorte rouge du Dharma.
Qui que vous soyez, ces paroles de sagesse sont essentielles.
L’essence de la pratique est la condition naturelle du Mahāmudrā et de la Grande Perfection,
Et l’essence de votre propre esprit est la présence éveillée elle-même.
Il n’y a rien d’autre à faire que de reconnaître votre propre essence.
Nulle comparaison, forme, définition ou expression n’exprime l’essence de l’esprit.
On ne peut dire, « C’est comme ceci. »
On pourrait dire, « Elle n’existe pas », mais tout le saṃsāra et tout le nirvāṇa se manifestent.
On pourrait dire, « Elle existe », mais on ne peut pas mettre le doigt dessus.
C’est là la disposition primordiale de l’esprit en tant que tel.
Hormis cette disposition, il n’y a rien d’autre à rechercher.
Ne vous en éloignez pas ; continuez de reconnaître votre propre essence.
Dans la vérité ultime, il n’y a rien à préserver ni personne pour le faire.
Cependant, tant qu’on n’a pas unifié les luminosités de la base et de la voie,
La présence[2] dépourvue de distraction représente la voie empruntée par tous les bouddhas.
Cela ne fait pas l’ombre d’un doute, alors préservez votre attention.
Néanmoins, la vue ultime transcende l’esprit ordinaire[3].
Ne pas avoir de point de référence rigide prépare le terrain pour la méditation.
La présence dénuée de distraction prépare le terrain pour la conduite noble.
N’avoir ni attente ni doute est l’essence du fruit.
Je pourrais continuer sur cette lancée, sans jamais m’arrêter…
Mais ces brefs conseils du cœur devraient déjà vous aider.
Pour être utile à Péma Tsangyang,
Un mantrika né dans la pure lignée familiale
Du tertön du sud, Létro Lingpa[4],
Et au jeune et dévoué Tséring Namgyal,
Un brillant ministre des lignées royales
Du centre-sud du Tibet,
Moi, Rigdzin Tséwang Norbou,
Un messager de Gyalwa Padmākara
Bien connu au pays des montagnes enneigées,
J’ai improvisé ces quelques mots
Au site de Drago dans la région de Nyal[5].
Si vous n’oubliez pas ces mots et vous en souvenez toujours,
Vous gravirez le chemin de la libération suprême,
Et vous savourerez la gloire de tout ce qui est bon et vertueux.
Maṅgalam.
| Traduit en français par Vincent Thibault (2025) sur la base de la traduction anglaise de Joseph McClellan et NT Ninjyed (2025).
Bibliographie
Kaḥ thog rig 'dzin tshe dbang nor bu. "zhal gdams snying po". In gsung 'bum tshe dbang nor bu. Par gzhi dang po, vol. 3. Krung go'i bod rig pa dpe skrun khang, 2006, p. 140. BDRC MW1GS45274.
Version : 1.0-20250331
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La traduction de ce vers est approximative, puisque la nature grammaticale de gsol 'debs n’est pas explicite. ↩
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Le terme traduit ici par « présence » (et par « attention » dans le vers suivant) est dran pa, qui peut se traduire, selon les contextes, par pleine présence, souvenir, rappel, mémoire, voire parfois vigilance. ↩
-
blo ‘das : au-delà de l’intellect ou de l’esprit conceptuel. ↩
-
Jatsön Nyingpo ('ja mtshon snying po, 1585–1656). ↩
-
bra go au gnyal yul. ↩